Annexes de la Réforme de Mulhouse

Proclamation de la Réforme

Texte de la proclamation placardée sur les lieux publics de Mulhouse le mercredi après la St Jacques le 29/7/1523 ; traduite d'après la publication du Pasteur Graf (son texte est une copie exacte, mais dans un allemand plus récent que le texte original)3

« Le Maire et le Grand Conseil de Mulhouse déclarent à tous ceux, qu'ils soient religieux ou laïques, hommes ou femmes, manants, membres des familles ou parents qui habitent cette ville, de quelque dignité, qualité, ou profession qu'ils soient :
Parce que l'homme chrétien, par juste obligation chrétienne est soumis à la parole de Dieu sans exception et qu'il ne peut trouver son salut que là, il doit de toute sa vie et de tout son être se soumettre à l'enseignement de la Parole de Dieu. Depuis un certain temps cependant la lumière de la Parole divine et du saint Évangile du Christ ont été révélés de meilleur manière et que la vérité de l'Évangile est apparue avec plus de clarté et de fidélité, qu'elle soit ouverte ou prêchée, il apparaît licite que notre sauveur Jésus Christ (qui nous a octroyé cette grâce) soit remercié et loué sans arrêt. Mais parce que nous voyons que certaines personnes, religieuses ou laïques ne peuvent accepter ces révélations ou sermons sans en savoir gré et qui les refusent, mais aussi (ce qui est horrible à entendre) que les prédicateurs et autres gens qui parlent de la Parole de Dieu et du Saint Évangile et qui s'appliquent à les entendre et ne pas les recevoir, s'y opposent, blasphèment ou les calomnient et deviennent des scélérats, mauvais garçons et personnes de même acabit. Et ainsi ils essayent de mélanger la paille avec le blé, de troubler le commun et d'obscurcir l'aspect de la Sainte Vérité.

Ce procédé ne peut qu'aboutir au mépris du Saint Évangile, à suborner le simple peuple (qui aspire à vivre selon l'Évangile du Christ) et aboutir et servir à une émeute dans notre communauté.

Pour éviter tout cela et parce que nous nous sentons des Chrétiens responsables et cela avec l'acceptation et la propension de notre volonté, de tenir à la Parole de Dieu, et de proclamer la vérité et la communion dans l'Évangile, et autant que possible de la garder, la protéger et la maintenir afin d'aboutir à un amour fraternel et Chrétien et l'Unité entre nous et dans la perspective du futur.

Nous avons réfléchi et reconnu d'un commun accord et voulons que nos prêtres des paroisses et autres, nos religieux, officiant dans les paroisses couvents et chapelles et ceux qui voudraient prêcher à Mulhouse, que tous quels qu'ils soient ne pourront prêcher que le St Évangile et l'enseignement du Christ et en garantissant et certifiant que la véritable Histoire Sainte correspondant à l'ancien et au nouveau Testament soient annoncés et prêchés de façon libre et ouverte. Mais par contre ils ne pourront en aucune manière proclamer d'autres doctrines, disputations et tendances qui ne correspondent à la vraie Écriture Divine. Nous interdisons aussi qu'ils ne doivent en aucune manière attaquer, invectiver et calomnier la Vérité et l'Enseignement du Christ. Leur sermon devra conclure à la louange de Dieu, à l'amélioration du peuple et à l'amour fraternel ainsi qu'à une plus grande unité.

Ainsi le fruit de la Parole de Dieu aidera tout un chacun à s'élever d'une façon plus riche et variée.

Nous voulons aussi avoir fait cesser et défendu ainsi qu'aucun habitant et manant de la ville de Mulhouse, qu'il soit clerc ou laïc, sans aucune exception ne puisse attaquer lors de leurs prédication, lectures ou paroles les prédicateurs cités ou d'autres personnes, qu'elles qu'elles soient, ni les corriger, les redresser, les injurier ou les calomnier s'ils annoncent la Parole Divine selon ce qui est convenable. Mais si quelqu'un pensait qu'un de nos prédicateurs prêcherait mal- à-propos, contre la vérité, ou bien en dehors du champ de l'Écriture et n'ait pas parlé chrétiennement, celui-ci devra lui prouver à l'aide de la véritable Écriture Divine, l'instruire et clarifier son erreur. Ainsi nous voulons aussi amener nos prédicateurs et autres à engager une Disputatio ouverte et les y astreindre. Si quelqu'un par contre négligera ou méprisera ces avertissements ou obligations, en parlera selon ses propres conceptions ou les contredira, traitera ces prédicateurs de menteurs ou les calomniera ou les disputera (selon la coutume), cette personne clerc ou laïque, saura que nous serons obligés d'entreprendre contre lui des punitions importantes et civiques, une procédure pour le punir de façon sérieuse, pour qu'il constate que son comportement nous a indisposé, et nous procéderons ainsi ; car nous voulons proclamer la vérité de l'Évangile. Que chacun sache se comporter selon cette annonce ! »

- Nous avons mis ce 2ème texte parce qu'il date de la même année, est d'un aspect typographique identique, de même que sa formulation et permet donc d'authentifier le texte précédent dont un seul exemplaire se trouve à Berne.

Édit municipal de la Ville de Mulhouse
datant de 1523

(concernant le comportement public à adopter).

« En honneur et à la gloire du Dieu tout-puissant et pour la correction et la conversion de tous les Chrétiens, et en particulier pour la cessation des affreux vices montrés en public concernant jurons, boissons et adultères qui sont malheureusement d'usage habituel et devenus très courants et sont la cause de nombreux autres vices ; nous, Maire et le Conseil Municipal de la Ville de Mulhouse avons édité le règlement suivant :
Nous éditons, pensons et voulons que dans notre Ville et territoire de notre part et sans aucune exception, avec constance les bonnes mœurs et la correction restent de mise. Si quelqu'un doit être soumis à punition et que des peines soient susceptibles de les concerner et cela sans aucune pitié, nous pensons que chacun a été suffisamment exhorté par cette ordonnance.

Premièrement en ce qui concerne les jurons et le blasphème nous ordonnons que celui qui s'y adonne ou qui a eu une parole indécente sur Dieu, ses membres, ses douleur, son martyre, ses plaies, sa chaire, son sang ou son impuissance qui sont à considérer comme des jurons doivent être considérés comme des blasphèmes et peuvent y être intégrés. Ainsi dans des corps de métier, débits de boissons et rues ou autres endroits où cela s'est produit, celui qui que ce soit et qui en a été témoin, avec serment déposé, devra à l'instant en être admonesté et enjoint à faire pénitence. Celui qui a proféré un juron devra s'agenouiller par terre, y tracer une croix et l'embrasser en connaissance de cause parce qu'il a péché envers Dieu. Sinon il sera tenu à payer 5 Schilling-Pfennig ou mis en prison. En cas d'aggravation, une peine corporelle ou concernant ses biens devra être prononcée, conformément à la grandeur de son méfait.

Nous voulons aussi défendre de cesser de boire outre mesure, car quiconque aurait incité l'autre à boire sait qu'ainsi beaucoup de mal peut en résulter ; et soit par appel, gestes, portes, escaliers, marches d'escalier ou autres moyens d'invitations comme cela pourrait arriver ou l'être. Et celui qui sera trouvé à inciter ou à boire, dans des lieux de réunion des corps de métier, auberges ou tout autre lieu dans notre ville ou territoire devra sans aucune exception possible payer 5 Schilling-Pfennig aussi gros qu'il l'ait fait et cela sans aucun pardon possible. Et chacun qui aura vu ou entendu une affaire semblable, sous serment, devra témoigner devant le Maire, les adjoints ou des fonctionnaires pour qu'ils s'occuperont sérieusement d'une punition adéquate.

De même Maire et fonctionnaires en cas d'adultère ou acte sexuel hors mariage devront sérieusement s'en inquiéter et en cas d'acte répréhensible avéré, les punir selon l'usage et la loi. Et ce qui sera trouvé, correspondant à une cohabitation ou un délit punissable, celui-ci devra être chassé et aucunement toléré. »
(Le texte de cet édit municipal ne semble pas être complet)

Les Lois du mariage à Mulhouse
entre Réforme et Révolution4

Cette législation est d'une rigueur et d'une sévérité peu commune et reflète l'état des mœurs rigoristes de l'époque.
À consulter, traduit sur Internet : www.heinis-jurascheck.mariage.com

Textes originaux

Avis du 29/7/1523 placardé à Mulhouse et instituant la Réforme3

Édit de 1523 sur les turpitudes dans la ville


Les deux documents sont ainsi très proches par leur configuration et la forme de leur texte ; ce qui milite pour leur authenticité et l'exactitude du premier dont un seul exemplaire se trouve encore à Bern. Leur reproduction nous paraissait nécessaire pour cette raison.

Indulgences19

Cette manière de s'assurer d'une vie éternelle bienheureuse date du IIIème siècle et est un héritage du Droit Romain. Elle excluait ipso facto le menu peuple, les pauvres, les esclaves, les condamnés et avait été stigmatisée d'avance par l'attitude du Christ crucifié envers le bon larron qui rappelait la miséricorde divine. Elle avait été dénoncée par John Wyclif (XIV°S), Jean Hus (XV°S) et Martin Luther (1517).

Une coutume

Les patronymes des intellectuels de l'époque sont souvent des traductions en langues antiques (Grec ou Latin). La signification du nom est en italique.