Conclusion de cette Réforme

La Haute Alsace entre la fin du Moyen-Âge et le début de la Renaissance (1440 – 1530)

En reliant la guerre des 6 Deniers et le début de la Réforme on est amené à une certaine cohérence dans l'évolution de cette région ; son appartenance au domaine des Habsbourg et la poussée d'autonomie des villes.

Ces problèmes, ayant la Réforme pour conséquence, apparaissent surtout vers 1444. Pendant la guerre de 100 ans, la France avait bon nombre de mercenaires, les routiers, écorcheurs ou Armagnacs, dont la présence devenait gênante. Charles VII envoya donc cette soldatesque pour s'en débarrasser et sous la conduite du Dauphin Louis dans la région Rhénane et en particuliers en Haute Alsace où ils furent bien accueillis par la noblesse habsbourgienne (Autrichienne), mais ces 40000 hommes (les « Schinder »), se nourrissant sur l'habitant, firent d'énormes dégâts. La population fut bien entendu contre cet état de fait et cela provoqua un gros ressentiment contre la Noblesse fidèle à l'Autriche. Cette dernière voulu aussi contrer les Suisses en l'occasion, qui lui avaient infligé de gros soucis.

Mais des négociations entre l'Électeur de Trèves et Charles VII amenèrent ces mercenaires à quitter l'Alsace fin 1445 et par réaction l'exil des Nobles Mulhousiens qui étaient leurs partisans en 1446. Cela créa donc un foyer de contestation autour de Mulhouse, où beaucoup de villages étaient en possession de la noblesse !

La première conséquence en fut la guerre des 6 Deniers (1468), où Mulhouse, qui avait quitté la Décapole et était déjà alliée à Bern et Soleure et avait de solides accointances avec Bale, appela les Cantons Confédérés au secours contre Habsbourg et les Nobles, ce qui provoqua des destructions très conséquentes en Haute Alsace (Sundgau), et en particuliers la destruction de villages comme Illzach et Brunstatt.

Puis ce fut l'association de Mulhouse aux Cantons Suisses en janvier 1515 ; et sa présence à coté des Suisses à Marignan (contre François I).
Cela amena tout naturellement une relation étroite avec Bale et Zurich et l'introduction pérenne de la Réforme !

En même temps la paysannerie alsacienne et les habitants autour du Rhin s'unirent en une révolte : la guerre des paysans ou du Bundschuh de 1525. Les nobles furent discrédités.

Mais toute la vallée du Rhin était déjà le siège de gros troubles dans le monde intellectuel, qui par après fut déchiré entre humanistes chrétiens et réformés. D'un coté Érasme de Rotterdam, Beat Rhinauer (Beatus Rhenanus) de Sélestat et Thomas Murner; de l'autre Martin Kuhhorn (Bucer), Ulrich von Hütten, Nicolaus Kürschner (Pellican), Johannes Hausschein (Oekolampad), Wolfgang Koepfel (Capiton) et Ulrich Zwingli. La Réforme s'installa solidement dans la région. Les différents Ordres monastiques eurent fort à faire, comme les Cordeliers, Franciscains, Augustins, Clarisses etc.

La villes de Mulhouse était régie depuis 1337 par un Grand Conseil dont les membres étaient cooptés : Un Maire (Schultheiss ou Bürgermeister), des Nobles avant 1446 (4), 8 membres cooptés (Achtbürger) et 6 maitres des guildes (Zunftmeister) ; après 1446 ce furent des membres des guildes (7 Guildes et 2 membres par corporation, dont le Zunftmeister) ; ce Conseil détenait tous les pouvoirs et était conduit en sous-main par le greffier Gamsharst.

Il faut aussi considérer que l'Église était devenue un agent percepteur dont tout était matière à redevance, une machine à tondre !

Ainsi la région, malgré son isolement relatif, participa à l'avancée de la vallée rhénane.